Nous voilà arrivés à San Vito lo Capo, petite ville sicilienne nichée dans une somptueuse baie, au pied du mont Monaco.

Aujourd’hui débute le Couscous Fest : jusqu’au 30 septembre, on y mangera du couscous sicilien, mais aussi de tous les pays. Pour la vingt-et-unième année ce sont neuf jours d’événements qui seront totalement dédiés au couscous, avec bien sûr, comme chaque année, le championnat mondial. Mais pour quelle raison ce festival, le premier du genre (décliné plus modestement ailleurs depuis), a-t-il lieu en Sicile ?

Certes, me direz-vous, il y a la proximité géographique avec la Tunisie où, comme dans la plupart des pays du Maghreb, le couscous est un plat national. Mais l’origine du couscous sicilien se trouve à seulement une heure de route de San Vito lo Capo : à Trapani. La recette : des poissons frais, de la tomate (seulement depuis le XVIIIème siècle), un peu de safran et d’amandes et bien sûr cette graine de couscous, que les français (qui n’ont jamais su la préparer) s’acharnent à appeler semoule ! Le couscous de Trapani, c’est une histoire qui remonte au XIIIème siècle, une histoire faite d’échanges et d’apports mutuels avec la Tunisie.

Le professeur de philologie romane italo-tunisien Alfonso Campisi, interviewé par la journaliste Nadia Ayadiqui, nous éclaire dans un article pour le site Femmes et réalités (voir lien). La conquête musulmane se fera, en Sicile, entre 827 et 965. Les Arabes seront très présents dans la région de Trapani.

La Tunisie aurait pu connaître le couscous pendant la dernière phase du royaume des Hafsides, dynastie berbère qui gouverna l’ancienne Ifriqiyya dès la première moitié du XIIIème siècle. C’est peut-être aussi à ce moment-là que les marins de Trapani auraient pu découvrir le couscous et l’importer en Sicile. Dans des écrits du XIIIème siècle, qui pourraient être de Kamaleddin Ibn al-Adim, trois recettes de couscous. On y trouve aussi citées les mêmes douceurs que l’on retrouve à Nabeul, en Tunisie, et à Trapani : pâtes d’amandes en forme de fruits et poupées en sucre peintes à la main.

Ce sont ces poupées en sucre accompagnant le couscous, dont je vous ai parlé le 11 septembre dernier pour le Ras el Am de Nabeul.

Demain je vous emmène dans la Drôme.

Lien pour l’article du site Femmes et réalités les origines du couscous sicilien

Lien pour U mast (l’un des meilleurs sites de cuisine italienne) : recette du couscous de Trapani

photo: Lesley Peterson pour son site http://culturetripper.com/

 

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