Les pruneaux c’est pas des pruneaux

Aujourd’hui je vous emmène à Genève pour le jeûne cantonal. Dans le reste de la Suisse, c’est le jeûne fédéral et ce sera le 16 septembre. Si vous êtes invité chez un.e ami.e suisse un jour de jeûne (cantonal ou fédéral), il vous offrira du « gâteau aux pruneaux ». Si vous êtes français.e, vous vous exclamerez (car, comme le disent les Suisses, les Français adorent contredire) : c’est un jeûne où l’on ne jeûne pas et c’est un gâteau aux pruneaux qui est une tarte aux prunes !

Instituée en 1832, cette fête protestante est peu à peu devenue laïque. Le jeûne genevois serait un acte de solidarité et remonterait au premier jeûne connu à Genève, en octobre 1567, en réaction à une répression contre les huguenots lyonnais. Cinq ans plus tard : Saint-Barthélémy. Cette fois, des protestants se réfugient à Genève. La nourriture manque, contraignant réfugiés et habitant à jeûner, mais on mange des prunes qu’on trouve à profusion. D’où tartes et gâteaux.

Quelques astuces pour avoir un « gâteau aux pruneaux » qui ne rende pas trop de jus à la cuisson. Préchauffez votre four à 200°C. Faites une pâte brisée, étalez-la de façon un peu épaisse. Ne mettez pas de poudre d’amandes sur la pâte, ça ne sert à rien. Émiettez quelques tranches de pain d’épices et desséchez-les au moins 20 minutes dans un four à 150°C. Disposez ces miettes sur la pâte (l’équivalent de 2 à 3 tranches) puis placez les prunes côté peau contre la pâte. Parsemez d’un peu de vergeoise blonde ou brune. Enfournez 10 à 15 minutes dans un four préalablement chauffé à 200°C (la pâte doit donner l’impression d’être un peu « saisie »). Puis baissez le four à 180°C et cuisez encore une trentaine de minutes (en fonction de votre four). Si votre pâte est encore détrempée, ce n’est plus votre faute mais celle des prunes.

Demain, voyage surprise.

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