Aujourd’hui je vous emmène en Grèce.

Dans le rite byzantin, l’Exaltation de la Croix commémore la découverte de la Croix en 326. Elle aurait été découverte à cette date à Jérusalem par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin le Grand. L’église du Saint-Sépulcre sera bâtie sur le lieu de la découverte et consacrée neuf ans plus tard.

La date de la commémoration serait liée à la consécration de l’église du Saint-Sépulcre en 335 : une fête en deux temps, l’église fut consacrée le 13 septembre et la relique de la Croix extraite de l’église le 14 septembre pour être présentée à l’adoration des fidèles.

Mais pourquoi le basilic ? On dit qu’il en a poussé autour du tombeau du Christ, après la résurrection. Il aurait aussi permis à sainte Hélène, après de multiples recherches, de découvrir l’emplacement de la Croix, cachée par les premiers chrétiens ayant assisté à la crucifixion du Christ. Sainte Hélène ayant marché sur du basilic aurait été frappée par son intense parfum et aurait eu l’intuition de creuser en cet endroit.

Pour la fête de l’Exaltation de la Croix, le basilic est partout.  Il s’agit de basilic grec dont les feuilles sont petites et pointues et son parfum est très entêtant. Dans l’église la Croix est entourée de basilic, le prêtre bénit avec du basilic et chaque fidèle en recevra.

Certains, une fois rentrés chez eux, placeront ce brin dans un verre d’eau afin de lui faire reprendre des racines pour le replanter.

Avec ce basilic, on fait aussi un levain. Le basilic est trempé trois jours dans de l’eau, qu’on fera ensuite tiédir avant d’y ajouter de la farine et de le couvrir une journée entière. Pendant plusieurs jours, il y aura des rafraichis, pour finir par le pétrissage d’un pain et une fermentation longue et lente de deux à trois jours avant la cuisson.

L’Exaltation de la Croix est aussi commémorée en Corse. Des Grecs fuyant les invasions turques s’y sont installés dès le XVIIème siècle, pour se fixer près d’Ajaccio, à Cargèse, début XVIIIème. Dans cette petite ville de 1300 habitants, le grec n’est plus beaucoup parlé, mais des traditions perdurent : le 14 septembre, on bénit encore le basilic porté en procession dans la ville.

Dans la tradition byzantine, le 14 septembre est un jour de jeûne. Un jour de jeûne où tout embaume le basilic dont le parfum attise l’appétit. Pour mieux se ruer le lendemain sur une pita, de la feta, un  peu d’huile d’olive et beaucoup de basilic.

Demain je vous emmène en France.

 

 

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