Nous sommes arrivés au Japon.

Aujourd’hui, nous fêtons Tsukimi ( 月 見 ) ou Otsukimi ( お 月 見 ), qui veut dire « observation de la lune ». Cette très ancienne célébration correspond à l’équinoxe d’automne. Elle aurait été popularisée à l’époque Heian (794-1185). La contemplation de la nature et de ses phénomènes naturels fait partie intégrante de la culture japonaise.

Tsukumi est une fête familiale : cette nuit où la lune est censée être la plus lumineuse et la plus ronde de l’année, symbolise l’unité et le rassemblement. La décoration et la nourriture doivent être en harmonie avec l’événement. Un endroit de la maison d’où l’on peut admirer la lune est décoré (près d’une fenêtre par exemple) avec de l’herbe de pampa (susuki) qui symbolise l’automne. Des offrandes pour la lune sont présentées, elles seront ensuite mangées. Quinze dango sont disposés en pyramide dans un plat, car nous sommes aujourd’hui le quinzième jour du mois lunaire qui correspond à une nuit de pleine lune. Mais que sont les dango, et pourquoi en manger ?

Les dango sont des mochi. Mais commençons par le début.

A l’origine, un conte de l’époque Heian, qui se trouve dans l’anthologie Konjaku Monogatarishû. Il y est question de nourritures. Un jour, un dieu descendit sur terre sous les traits d’un vieux mendiant. Il demanda à manger à trois animaux qu’il rencontra dans une forêt : un renard, un singe et un lapin. Le singe lui donna des fruits, le renard un poisson, mais le lapin n’avait que l’herbe à proposer. Il se jeta dans un feu allumé pour nourrir le vieil homme. Touché par ce sacrifice, le dieu le ramena à la vie et l’emmena sur la lune.

Mais quel rapport avec les mochi ? La paréidolie : c’est le fait de voir une forme familière dans un paysage, un nuage, ou en l’occurrence la lune. Beaucoup de civilisations discernent un lapin dans la pleine lune. C’est le cas du Japon où il est connu sous le nom de Tsuki no Usagi. Encore une fois, quel rapport avec les mochi ? Eh bien, ce lapin lunaire, les Japonais le voient préparer des mochi (cf. lien). Il est armé de son pilon et écrase le riz dans son mortier (usu). Les mochi sont des boulettes aplaties à base de riz gluant d’origine chinoise. Leur préparation est extrêmement longue et complexe et fait même l’objet d’ une cérémonie traditionnelle appelée mochitsuki au Japon. Lorsque les mochi prennent la forme de boulettes bien rondes, on les appelle dango mochi ou dango. Elles évoquent bien sûr la pleine lune. Si vous aimez la nourriture Kawaii, vos mochi pourront prendre la forme de lapins.

On trouvera bien d’autres offrandes traditionnelles à côté des dango : patates douces, châtaignes, taro, edamame etc.

Tsukimi est aussi un mot employé toute l’année dans la cuisine japonaise. Il désigne le jaune d’œuf qui évoque, lui aussi, la pleine lune. il désigne encore le fait d’ajouter un jaune d’œuf à certains aliments. C’est le cas des pâtes :  tsukimi-soba (pâtes de sarrazin), tsukimi-udon (blé tendre), tsukimi-ramen (pâtes d’origine chinoise constituées de farine de blé et de kansui, une eau minérale particulière). Initialement, seul le jaune d’œuf était poché dans le bouillon, mais il peut arriver que l’on utilise l’œuf entier. Plus récemment,  on a associé le mot à des hamburgers, ou même à des sushis avec des œufs de caille.

Demain, je vous emmène en Irak, près de Hilla.

Lapin lunaire préparant des mochi : https://uncoveringjapan.com/2013/09/18/celebrate-tsukimi-moon-viewing/

Photo : http://tokyopic.com/image/2154

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *